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Zineb El Rhazoui. La femme la plus protégée de France
Marie Claire
Interviews — 7 janvier 2016
Zineb El Rhazoui. La femme la plus protégée de France

Chez Zineb El Rhazoui, tout est dans la voix. Ses amis comme ses détracteurs emploient, pour la décrire, la même image acoustique : c’est une « grande gueule », que la cigarette avait entamée, avant que les attentats de Paris ne l’éraillent complètement. En interview comme dans la vie, la jeune femme parle beaucoup. Tellement, que par moments, elle nous perd. Le temps de retrouver le fil, on se raccroche aux modulations de sa voix, que brouillent des fréquences contraires. D’abord, il y a la colère qui, comme toujours chez elle, déborde. « Quand on lui dit « religion », « terrorisme islamiste » ou « droits des femmes », c’est comme si on appuyait sur un bouton, elle se met en route, c’est son truc », sourit son amie et collègue Solène Chalvon. Paradoxalement, on y décèle également le contrôle. À trop la présenter sous son jour éruptif, on oublie souvent qu’en plus d’écrire dans Charlie Hebdo, la journaliste, diplômée d’un master en sociologie des religions de l’EHESS, est une conférenc…

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L'alu total
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Portraits — 3 décembre 2015
L'alu total

Il y en a partout. Aux murs de l’atelier, par terre, adossés contre une chaise, à plat sur le bureau. D’immenses panneaux de papier aluminium froissé, qui brillent et se reflètent sous la lumière des néons. Aucune des œuvres d’Henrik Eriksson ne porte de nom. Pour les différencier, il faut s’approcher, chercher des yeux les lignes de peinture qui courent sur la surface accidentée. Chaque tableau représente un paysage semi-abstrait — libre à chacun d’y voir l’horizon qu’il veut. « Là, j’ai mis des petites maisons, précise le peintre, la main tendue vers la toile d’alu la plus proche. Devant, il y a quelques arbres. Des fleurs, ici, sur le côté. En bas… Eh bien, je ne sais plus ce que j’ai voulu représenter, en bas. » Il rit. Propose une explication : « Si je peins une maison, et que soudain, je pense à autre chose qu’à une maison, n’est-ce pas plus honnête de peindre cette autre chose ? ». Henrik Eriksson est un cérébral. Au lycée, on le présentait comme le crack de l’équation, le rat d…

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Chambres à air
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Portraits — 5 novembre 2015
Chambres à air

C’est une chambre d’hôtel invisible, perchée dans les arbres de la forêt d’Harads, à une heure de voiture au sud du cercle polaire. Un cube de quatre mètres de côté camouflé par des murs en miroir, dans lesquels se reflètent le ciel, les pins et la vallée de la rivière Luleälven. Le « manifeste » grandeur nature du tandem le plus pointu de l’architecture suédoise, Bolle Tham et Martin Videgård. Lorsque les fondateurs du Tree Hotel ont sollicité ces deux quadras pour imaginer une de leurs suites, ils leur ont donné carte blanche. « On savait juste qu’on devait concevoir une cabane dans les arbres qui servirait d’extension à un hôtel », se souvient Tham. Quatre autres agences ont été commissionnées. La plupart ont marqué la forêt de leur empreinte, sous la forme ludique d’un ovni ou d’un nid d’oiseau. Tham et Videgård ont pris le parti inverse. « On s’est demandé pourquoi les gens venaient ici, expliquent-ils. La réponse était simple : pour la nature, intacte. » Leur cabane devrait inter…

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Briser la glace
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Portraits — 6 octobre 2015
Briser la glace

« Voilà, nous sommes arrivés à l’usine qui fournit notre matière première. » Jens Thoms Ivarsson s’assoit au bord d’un rocher surplombant la rivière, et regarde l’eau se débattre sous ses pieds. Le courant est insensé, à croire qu’ici, à plus de 200 km au nord du cercle polaire, les glaciers se régénèrent plus vite qu’ils ne fondent. « Alors ? », s’enquiert le grand blond aux favoris frisottants. Il a roulé une heure vers le nord depuis Jukkasjärvi pour nous montrer « là où le cycle commence ». Alors, jamais usine n’a été aussi belle.

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Du beau bouleau
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Portraits — 3 septembre 2015
Du beau bouleau

La première réaction d’Aia Jüdes en voyant le sac en écorce de bouleau posé là, sur une table du marché aux puces, a été de ne même pas le regarder. Pour elle comme pour n’importe quel jeune Suédois, a fortiori de la capitale, l’écorce de bouleau était un matériau de vieux, un truc anti glam dont les grands-mères font des boîtes à sucre qui prennent la poussière sur le buffet du salon. Puis elle s’est souvenue de son prix - un euro, et elle s’est dit que ce n’était pas cher payé pour un objet qui avait dû nécessiter des heures de travail. Alors elle a fait demi-tour et, par respect, pour laver l’insulte, elle l’a acheté. Ce n’est qu’une fois chez elle qu’elle a réalisé qu’elle tenait là un « trésor ».

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